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N°973 - Février 2019 Futur L'Optifuel Lab 3 Objectif : 13 % d'économies de carburant Nom de code : Falcon. Ce n'est pas une opération mise en place par les services secrets, mais un projet de véhicule très réaliste, l'Optifuel Lab 3 de Renault Trucks. Ce futur grand-routier vise 13 % d'économies de carburant par rapport à un attelage standard tracté par un Renault. Il devrait être assemblé début avril au plus tard. À une époque où la réduction de CO2 est sur toutes les langues et s'impose réglementairement, Renault Trucks continue sa quête d'économies avec son prototype Optifuel Lab 3, qui peaufine les innovations encore davantage que ses prédecesseurs, l'Urban Lab 2 et l'Optifuel Lab 1. « Il est en cours d'assemblage, avec les éléments mis en commun par les 13 partenaires de ce projet baptisé Falcon(1). On peut espérer une mise en circulation en grandeur réelle à la mi-2019... On évaluera à ce moment-là ce qui s'avère le plus pertinent », explique le responsable du projet chez Renault Trucks, Georges d'Aviau de Ternay. Par rapport au projet précédent (l'Urban Lab 2), qui était un véhicule de distribution, il s'agit toujours d'un ensemble complet, mais avec une semi-remorque à géométrie variable signée Fruehauf (et non plus une semi frigo Lamberet), ainsi qu'une extension plus poussée de la face avant et un positionnement des caméras sur les portières (et non plus sur le toit). Les portes vont plus bas et les bavettes ont été élargies. Concernant le prototype de la remorque, « le volume de la remorque va s'adapter automatiquement à la hauteur du chargement, souligne Gérard Buard, directeur commercial de Fruehauf. Elle adopte donc le profil aérodynamique le plus adéquat en fonction de l'espace vide. Le toit partira de sa positon haute maximale et viendra s'abaisser à l'arrière pour donner le moins de résistance possible à l'air, tout en gardant à l'avant son alignement avec la hauteur maxi du tracteur. Parallèlement, la face arrière offrira aussi une moindre résistance par réduction de l'effet de dépression ». La météo et le trafic sont pris en compte A l'optimisation de l'aérodynamique s'ajoutent notamment des pneumatiques (Michelin) à faible résistance au roulement et connectés, ainsi qu'une gestion optimale de l'énergie (système Rankine) et des fonctionnalités prédictives d'aide à l'écoconduite prenant en compte les données météo (grâce à la start-up Wezzoo) et trafic (avec Benomad). « Car la force du vent et sa direction peuvent vraiment influencer la conduite », explique Georges d'Aviau. Falcon a fait évoluer le dispositif de récupération d'énergie Rankine avec des fluides innovants et des turbines plus performantes. Pour cela, il fait intervenir l'équipementier Faurecia, Enogia (turbines) et l'Ifpen (ex-institut français du pétrole). Total optimise les lubrifiants en affaiblissant encore davantage leur viscosité. Styl'Monde et Polyrim (matériaux souples) ont planché sur les carénages, l'École centrale de Lyon sur l'aérodynamisme de la cabine) et l'Ifsttar sur de nouvelles fonctionnalités prédictives d'aide à la conduite. Comme sur le nouveau Mercedes Actros, les rétroviseurs sont remplacés par des caméras, mais celles-ci sont positionnées plus bas, pour un meilleur aérodynamisme. Petit détail qui a son importance : le projet Falcon est lauréat d'un appel à projets lancé par la BPI (Banque publique d'investissement), et en tant que tel financé en partie par les régions dans lesquelles les différents partenaires sont basés. Georges d'Aviau de Ternay, en charge du projet Optifuel Lab 3 chez Renault Trucks, espère une mise en circulation de ce proto à la mi-2019. (1) Falcon est un acronyme de Flexible & Aerodynamic Truck for Low CONsumption. Texte : Marie Fréor · Photos : X D.R.