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N°953 - Avril 2017 N°953 - Avril 2017 Salon Salon La SITL La SITL 58 57 Du gaz, mais pas seulement Cette année, la Semaine internationale du transport et de la logistique se tenait porte de Versailles, en version plus réduite qu'à Villepinte, mais avec un succès toujours grandissant. Les innovations en PL et fourgons valaient à elles seules le déplacement. La Semaine internationale du transport et de la logistique (SITL) a présenté non seulement des équipements automatisés de manutention et de transport innovants tous modes, mais a offert un bel espace aux camions au GNC et GNL (gaz naturel comprimé et liquéfié), sans oublier la distribution du dernier kilomètre, avec notamment le nouveau Renault Master électrique et le Gruau Electron II. Le grand du gaz, Iveco, était bien présent sur l'espace réservé aux membres de l'AFGNV(1) avec un Stralis NP GNL double réservoir, et deux à l'extérieur : un GNL et un GNC. Quant à Scania, l'autre constructeur très investi dans les solutions alternatives au gazole, dont le gaz, il avait son propre stand à part pour mettre l'accent sur son offre de location « Scania Rent », qui propose notamment de louer des véhicules au gaz, HVO, hybride, bioéthanol... Le suédois en a profité pour présenter le tracteur Scania au GNL dont l'autonomie de 1 196 km a été constatée par huissier récemment. La vitesse moyenne de ce G 340 ch de 34 t était de 74 km/h et le tracteur était doté d'un double réservoir (photo ci-dessous). Même le groupe AB Volvo était venu en force, avec des adaptations telles le D Wide au GNC pour Renault Trucks, et même un Master au gaz (photo ci-dessus), et un FE 4x2 GNC 320 ch pour Volvo Trucks, qui présentait une petite nouveauté : l'échappement horizontal dans la voie, qui permet une meilleure carrossabilité. Le réseau de gaz étant le problème qui restait à résoudre, il semble que ça bouge aussi de ce côté-là. La voie est réellement ouverte avec, selon l'AFGNV, une densification du réseau qui s'accélère au point d'arriver à 125 points d'avitaillement publics d'ici fin 2017 (dont 25 au GNL), 80 % des stations étant accessibles aux poids lourds (et la totalité aux Vul). Il en est prévu 250 d'ici 2020, si on en croit l'objectif que la filière s'est fixé. Il n'en reste pas moins que les gaziers manquent de clarté en termes de tarifs. Accord Primagaz-Avia La SITL a officialisé une première européenne : une station-service autoroutière Avia proposera bientôt du GNL. A l'initiative de ce projet qui ne va pas s'arrêter là, on trouve le fournisseur de gaz Primagaz, en partenariat avec le réseau Avia et GRDF. Avec un client comme Easydis, la filiale distribution du groupe Casino, Primagaz a la garantie d'un trafic de 20 à 25 camions qui viendront se ravitailler en GNL dans une station Avia sur l'A20, près de Limoges, dès juin 2017. Ce service va bientôt être étendu à trois autres stations de ravitaillement Avia en GNL, cette fois sur le réseau national : une à Montélimar, une à Simandres (sud de de Lyon) et une troisème à Toulouse, toujours avec Easydis pour plus d'une vingtaine de poids lourds par station. « Cela devrait aider le monde du transport à accepter et à prendre en considération ce carburant », espère-t-on chez Primagaz. 110 stations Total  au gaz d'ici 2026 Par ailleurs, Total a annoncé inaugurer prochainement une station AS24 au GNC à Nantes Est. Elle sera suivie par une quinzaine d'autres stations en 2018, avec par la suite une dizaine en plus par an pour parvenir à 110 stations Total et AS24 au GNV en France d'ici 2026. Un nouveau distributeur de GNL, Liqvis, a fait son coming-out à la SITL. Il propose directement aux professionnels du transport des solutions de services et des matériels sur mesure, au cas par cas, selon les besoins de la zone géographique concernée. Le distributeur projette ainsi l'implantation d'une vingtaine de stations mobiles et fixes en Europe d'ici 2020. « Pour se mettre au gaz, l'idéal pour les transporteurs est de créer des partenariats. On s'adresse même à des PME ! Avec 5 véhicules, la technologie du GNL commence à pouvoir être amortie », souligne Liqvis, qui rappelle cependant que pour un conducteur, se servir en GNL nécessite une formation, l'équipement étant très spécifique. Un 3,5-tonnes électrique adaptable à tous les métiers L'Electron II de Gruau trônait à la SITL. Ce 3,5-tonnes entièrement électrique est passé du statut de proto à celui de véhicule de série. Après la présentation de sa version prototype en 2015, les premiers exemplaires de ce 3,5-tonnes entièrement électrique de Gruau) arrivent chez les clients. « Non seulement il roule propre, mais il s'adapte à tous les métiers : transport de marchandises (fourgons et isothermes), transport de personnes (minicars, personnes à mobilité réduite, ambulances), BTP (bennes, véhicules atelier) », rappelle le carrossier-constructeur de Laval... La chaîne de traction électrique est made by Gruau. Conçue sur la base d'un Fiat Ducato, elle est adaptable à tous les 3,5-tonnes du marché. Trois puissances de batterie existent selon les besoins (circulation en centre-ville, péri-urbaine ou régionale), avec pour cette dernière version jusqu'à 260 km d'autonomie et 1,4 t de charge utile dans sa version fourgon, selon Gruau. Le système de charge est rapide, ce qui permet une recharge intermédiaire. Par ailleurs, l'Electron II est carrossable en fourgon, châssis cabine ou plancher cabine en aménagement benne, frigorifique, messagerie, sanitaire... Le Colibus frigorifique de  Lamberet : 500 kg de CU ! A l'occasion du salon SITL, Atout Frais a réceptionné le premier Colibus frigo 100% électrique, qu'on avait vu sur Solutrans 2015 sous sa forme prototype. Lamberet a planché pendant dix-huit mois avec Colibus (le fabricant du châssis) sur ce minivéhicule désormais commercialisé. Son rapport volume-encombrement est « imbattable », selon Lamberet, avec 5,5 m3 frigorifiques dans seulement 4 m hors tout, pour 500 kg de charge utile et un PTAC de 1,9 t (en comparaison, un Renault Kangoo ZE a 1,6 m3 et environ 400 kg de charge utile). Grâce à sa compacité et son rayon de braquage de 6 m, cette version de série est destinée aux transports de produits frais en centre-ville (e-commerce alimentaire, métiers de bouche, distribution de plateaux-repas, etc.). Deux prises classiques 16 A se côtoient sur le côté, qui assurent d'un côté au Colibus une autonomie de roulage de 152 km, de l'autre cinq heures d'autonomie en froid positif. Contrairement à beaucoup de Vul électriques, celui-ci ne se loue pas : tout compris, il revient à 43 120 €, moins 6 000 à 10 000 € de bonus écologique selon qu'on envoie ou non à la casse un diesel de plus de 10 ans. « Et n'oublions pas qu'avec 100 € d'électricité, on fait 10 000 km ! », souligne Lamberet. Le Bil, deux camions en un De son côté, le Bil (Base Intelligente Logistique) de Libner répond à une autre problématique en nécessitant deux véhicules : un petit porté par un grand, le stock étant sur le camion lui-même et non sur le minicamion. Mais Libner aussi vise le dernier kilomètre dans les centres-ville difficiles d'accès. La grosse évolution par rapport au proto aperçu en 2015 est sa modularité : le 15-tonnes standard (porteur ou semi-remorque) qui sert de base au Bil avec sa plate-forme élévatrice (le module Bil Lift, d'une capacité de 2 t) est utilisable avec ou sans minicamion électrique modulaire baptisé Bil Truck. « Un transporteur peut donc envisager d'avoir 10 camions et un seul Bil Truck », souligne Joseph Libner, toujours vaillamment aux commandes de la société. Avec le Bil Truck, le chauffeur peut décharger et charger la marchandise à gauche, à droite ou à quai par l'arrière du véhicule, selon les circonstances. La plate-forme dispose de plusieurs positions : au sol (utilisée notamment pour débarquer le mini Bil Truck), de roulage (le cadre arrière et le châssis étant verrouillés) et haute (pour un chargement à quai). Reste à voir si le minicamion, qui peut passer à 50 km/h pour s'extirper d'un encombrement, pourra emprunter les couloirs de bus. Sa largeur est prévue pour passer entre les quilles des rues piétonnes, et il peut monter sur les trottoirs, voire même descendre des escaliers ! Il va être testé pendant trois mois dans le 9e arrondissement de Paris par Dachser. Il faut compter en gros 150 000 € HT pour l'ensemble 15-tonnes + plate-forme + Bil Truck, selon Joseph Libner. Le transporteur PKM était venu en force avec deux grands-routiers dotés de systèmes brevetés par ses soins. D'une part une semi double-deck frigo (en froid positif et négatif) capable d'embarquer 55 palettes sur deux hauteurs de 1,85 m et d'une hauteur hors tout de 4 m qui lui permet de passer partout en Europe. Un hayon élévateur à colonne rend les manipulations aisées et permet de s'adapter à la hauteur du quai. « Un autre modèle existe pour la distribution, avec une capacitéde 41 palettes », souligne Mousse, le jovial patron de PKM. Autre pole d'attraction de PKM (également sur base Langendorf) : le concept « Transloader » qui permet aux transporteurs de verre de ne pas rentrer à vide, grâce à l'escamotage du chevalet dans un espace libéré par l'absence d'essieu traversant avec amortisseurs. • Marie FRÉOR Innovation, mais aussi originalité Getra, Libner, Wing et PTV Group sont les heureux gagnants du Prix de l'Innovation Transports, Logistique et Intralogistique 2017. Le jury du Prix de l'Innovation (composé d'experts en logistique et de professeurs d'université) a eu fort à faire pour départager les 44 dossiers en compétition. La meilleure innovation Intralogistique revient à la société Getra, récompensée pour sa solution de banderolage avec film étirable écologique et économique. Un super moyen de réduire les coûts d'emballage. La solution PTV Arrival Board développée par PTV Group remporte le prix de la meilleure innovation « technologies et systèmes d'information ». Elle offre de reprendre la main sur la maîtrise des plannings et la gestion des ressources affectées aux quais de réception grâce à l'affichage des véhicules attendus avec l'indication de leur heure estimée d'arrivée, actualisée en temps réel. Lauréat en 2014 pour sa « Base Intelligente Logistique » (Bil), Libner est de nouveau récompensé dans la catégorie de la meilleure innovation « équipement de transport ». Gagnant du SITL Start-up Contest 2016, Wing remporte le trophée de la meilleure innovation « service transport et logistique » avec sa nouvelle prestation ShipFromStore (prise en charge des produits dans le magasin, à l'emballage et à l'expédition). - FG « Une vraie sanction serait d'immobiliser les camions » Rencontrée dans les allées de la SITL, Aline Mesples, présidente de l'OTRE, a évoqué divers points  de divergence entre la FNTR et sa propre fédé patronale. L'un des chevaux de bataille de l'OTRE est d'imposer aux moins de 3,5 t utilisés professionnellement une limite des heures passées au volant et un contrôle de leurs temps de travail et de conduite par tous moyens numériques embarqués. Par ailleurs, Aline Mesples, présidente de l'OTRE (photo), a souligné à la SITL qu'elle soutient fermement les positions de la France et de l'Alliance du routier, qui considèrent les routiers étrangers circulant en France comme des travailleurs détachés. Cela implique de les payer au tarif minimum français. « S'appuyant sur les positions de certains pays européens et de Violeta Buc (la commissaire européenne au transport) d'instaurer un salaire minimum européen pour les conducteurs, la FNTR défend la création d'un statut de conducteur dit hautement mobile. L'OTRE ne partage pas cette position, car ceci vise une harmonisation européenne, avec à la clé un nivellement par le bas et le statut d'un salarié mobile à bas coût. Pour nous, c'est inacceptable ! ». Quant au cabotage, il fait réagir Jean-Marc Rivera, le secrétaire général adjoint de la fédé (photo) : « Vidalies a soutenu l'obligation de déclaration du salarié détaché. De la même façon, on doit bien aussi être capable de faire une déclaration dématérialisée préalable à l'opération de cabotage !» Pour lui, une autre façon de se défendre contre ce fléau par une sanction efficace serait d'immobiliser les camions : «Pour beaucoup, payer est trop facile. C'est en tout cas l'une des réflexions qu'a eues un groupe d'étude mis en place sur cette question ». Sur la vérification de la validité du permis Enfin, la possibilité pour les patrons routiers de contrôler via internet la validité du permis de conduire de leurs conducteurs inspire à l'OTRE des craintes à deux niveaux : « Le ministère dit que c'est une simple possibilité, et pas une obligation de droit. Nous, on dit que c'est une obligation de fait ! Car on imagine très bien qu'un chef d'entreprise pourra être responsabilisé en cas d'accident mortel, la loi estimant qu'il aurait dû vérifier que son conducteur avait bien tous ses points, par exemple ». D'autre part, le dispositif a été confié à l'Imprimerie nationale, qui le fait payer. « On a entendu parler de 0,90 € par consultation, ce qui est bien cher ! ». Photos Fréor A gauche : c'est officiel : les stations Avia proposeront bientôt du GNL, pour les grands-routiers. La première sera sur l'A20, près de Limoges. Ci-dessous : l'Electron II de Gruau (entièrement électrique) est désormais commercialisé. Les services et la formation Cette édition 2017, une fois de plus tournée vers l'innovation avec notamment les espaces consacrés aux équipements de transport innovants, a mis en avant la digitalisation du transport et les nouveaux développements de plateformes web, mais aussi la formation ou la télématique embarquée. Dans notre dernier numéro, nous précisions qu'Ifrac formation avait moult projets (voir LR 952 p. 54). L'une des nouveautés annoncées à la SITL est sa formation spécifique de conducteurs de transport frigo, soit un stage de six semaines visant à acquérir des « compétences comportementales et techniques très qualifiées ». Est prévue par exemple une mise en situation professionnelle (immersion en entreprise), suivie de l'initiation aux connaissances des conducteurs en matière des produits frais, d'hygiène et de sécurité alimentaire, ou encore d'exercices sur simulateur de conduite. A la fin de la formation, le stagiaire se voit remettre un carnet de bord de conducteur de transport frigorifique. Par le biais de cette formation, il peut également valider ses compétences via l'examen SST (sauveteur sécurité du travail), le Caces 1 ou le Caces 3. Fairfuel renforcé Comme nous l'annoncions dans notre dernier numéro (LR n°951 p.20), Fairfuel se renforce. Cette plate-forme de vente de carburant aux entreprises a officialisé à la SITL la prise de participation de la Compagnie des Cartes Carburant dans son capital, ce qui devrait booster sa croissance en France et en Europe. Astrata surveille les remorques Schmitz Avec son FleetVisor, Astrata se connecte désormais au TrailerConnect de Schmitz Cargobull pour surveiller les remorques frigorifiques (alimentaire, pharma, etc.). Cela répond à la tendance du moment de visualiser tous les véhicules (tracteurs et remorques) sur le même écran. D'où cet accord avec le carrossier, dont les clients n'ont plus à utiliser le portail pour suivre leurs remorques (température, fermeture, couplage/découplage, niveau de batterie...) et les géolocaliser. L'argument est aussi financier : « Il faut bien sûr payer pour le boîtier et la carte Sim, mais cela revient moins cher que le portail complet », souligne Antoine Mathiaud, d'Astrata (photo). Mais surtout, l'exploitant s'y retrouve largement en confort de travail puisqu'il n'a plus à naviguer d'un écran à l'autre (ce qui lui permet de gagner du temps). Photo Fréor Photos Gilbert L'occasion de faire le point sur l'évolution de la prévoyance Depuis janvier, le taux de cotisation du régime prévoyance-invalidité-décès se traduit par un prélèvement de 0,70 % au lieu de 0,50 % sur le salaire brut. Mais les routiers devraient y trouver leur compte : en contrepartie, leurs points de solidarité augmentent et leurs droits s'améliorent. Et ce n'est pas tout... Explications. A la SITL sont aussi représentés les organismes comme Carcept Prev (groupe Klesia). La population des routiers étant vieillissante, les risques lourds de santé (inaptitude à la conduite, invalidité, décès...) augmentent. Les chiffres sont là : la population des plus de 50 ans est passée de 20 à 30 % en dix ans, a expliqué à cette occasion Benjamin Laurent, directeur transport de ce groupe de protection sociale, qui en a profité pour faire le point sur un accord conclu en avril entre partenaires sociaux du TRM en termes de prévoyance. « La branche a instauré un système de points de solidarité pour inciter les salariés à suivre des actions de prévention qui seront mises en place par la branche dès 2017 : gestes et postures, santé, nutrition, prévention des maladies cardio-vasculaires, troubles musculo-squelettiques, stress, addictions, etc. Ces formations ou actions existent déjà, mais l'incitation fera qu'elles seront davantage suivies ! Cela donnera en contrepartie aux routiers une garantie financière améliorée en cas d'inaptitude ou d'invalidité. Ils pourront aussi bénéficier de services supplémentaires, comme un accompagnement ou une formation pour un reclassement ou un retour à l'emploi » Cette couverture améliorée viendra en surplus de l'extension instaurée depuis peu. « Depuis janvier, les salariés ont constaté une augmentation du taux de cotisation de leur régime prévoyance-invalidité-décès. Au lieu de 0,50 % de leur salaire brut, ils sont prélevés de 0,70 %. Cette augmentation finance non seulement le système des points de solidarité, mais également une amélioration des droits ». Par exemple, avant fin 2016, un invalide de 50 ans et plus ne percevait qu'un an de salaire, puis rien jusqu'à la retraite. En cas d'inaptitude, il fallait avoir 15 ans d'ancienneté. « Aujourd'hui, tous les conducteurs PL auront droit à quelque chose en cas d'inaptitude à la conduite, et en cas d'invalidité les salariés toucheront une rente ». La performance du Colibus de Lamberet, un minicamion frigo électrique, est d'offrir une charge utile maxi pour un format mini. Photos Fréor et Gilbert A gauche, le double-deck de PKM qui permet d'embarquer 55 palettes en passant sous tous les ponts. A droite, le concept grâce auquel les camions en transport de verre peuvent faire un retour en marchandises générales. Le concept du Bil de Libner, c'est une plateforme élévatrice d'une capacité de 2 t et un minicamion embarqué qui sert aux derniers kilomètres. Rendez-vous en 2018 Plus étendue, la prochaine SITL aura lieu du 20 au 23 mars 2018 à Villepinte.