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Marché Bilan et perspectives des véhicules industriels Marché Bilan et perspectives des véhicules industriels 60 N°919 - Mars 2014 N°919 - Mars 2014 63 Les best-sellers du marché Traditionnellement, l'Observatoire du véhicule industriel (OVI) présente le bilan économique de l'année passée et lève le voile sur 2014. Le marché devrait être en récession cette année, laissant espérer une possibilité de bonne négociation sur les prix. Première constatation du bilan de l'Observatoire du véhicule de la BNP Paribas pour 2013 : les ventes à fin décembre sont supérieures aux attentes, motivées par les achats de dernière heure de véhicules Euro 5. Ce qui n'empêche que 2014 sera marqué par une récession. Les temps sont durs? Depuis quelques années, les transporteurs font tout ce qu'ils peuvent pour réaliser des économies et réduire les coûts. La dernière chance de gagner entre 8 000 et 12 000 € sur un camion était d'acheter avant le 31 décembre 2013 un véhicule répondant aux normes Euro 5. Il y a donc eu bousculade aux portillons des concessionnaires et embouteillages dans les usines pour produire le plus possible avant cette date butoir. Ainsi, chez Mercedes en Allemagne, il était impossible pour les salariés de prendre des jours de repos durant tout le mois de novembre et de décembre. Il fallait répondre à la demande, composée à 90 % de véhicules répondant aux normes Euro 5. De même, chez Scania à Angers, il a fallu que les collaborateurs bossent un max sur les chaînes de montage et qu'ils négocient dur avec la direction pour obtenir des jours de congés en fin d'année... Mais ces commandes prévisionnelles n'ont bien sûr pu être envisagées que par les entreprises qui avaient de la trésorerie, car les banques sont plutôt frileuses pour prêter de l'argent aux transporteurs. L'engouement pour les camions Euro 5 était d'autant plus prévisible qu'il n'y avait, de la part des pouvoirs publics, pas d'incitation à prendre livraison de camions Euro 6. Or ceux-ci coûtent plus cher et le seul argument de vente est l'affirmation par les constructeurs que « ces véhicules consommeront moins ». La perspective de l'écotaxe aussi aurait pu inciter les entreprises à acheter Euro 6, jusqu'à ce qu'elle soit suspendue jusqu'à nouvel ordre... Bref, on a assisté en décembre dernier à une progression fulgurante des commandes, essentiellement de tracteurs : +155 % pour Mercedes par rapport à novembre 2013, +152 % pour Scania, +128 % pour Daf ou +96 % pour Volvo. Depuis une vingtaine d'années, l'image des parkings de Relais Routiers à l'heure du déjeuner a bien changé. Les plus anciens se souviennent de l'époque où le gros du bataillon des camions y était formé par 80 % de Berliet, Saviem et d'Unic, d'une poignée de Mercedes, ainsi que par quelques Volvo et Scania, et où l'arrivée d'un Man était un événement. Aujourd'hui, finie l'époque où le gros des poids lourds qui roulaient sur nos routes étaient français. On en est loin, avec un parc où les camions « made in France » représentent moins de 30 % des immats. Si les choses continuent comme ça, le roi de la route que fut Renault avec les Premium Route et les Magnum depuis plus de deux décennies sera peut-être bouté hors du palmarès des best-sellers par l'Actros de Mercedes ou par le XF de Daf. Les fanas du camion bleu-blanc-rouge reportent tous leurs espoirs sur la nouvelle gamme T, dont ils espèrent qu'elle sera apte à remplir son rôle de dernier rempart du made in France contre les invasions, à l'image du village d'Astérix et d'Obélix, peuplé d'irréductibles Gaulois? La marque française s'est fixé le challenge de faire remonter sa part de marché 2013 (historiquement basse) à +30 % pour 2014. Une tâche qui promet de n'être pas très facile sur un marché en régression, d'autant que les deux seules entreprises qui soient encore dans le vert au niveau international sont Scania (groupe VW) et Mercedes (groupe Daimler). En 2014, on va pouvoir négocier les prix Le marché du camion étant régi par la loi de l'offre et de la demande, les négos impossibles en 2013 pourront donc se faire plus facilement en 2014. D'autant que toutes les marques ont dorénavant renouvelé leur gamme avec l'arrivée d'Euro 6. Il faut remarquer toutefois que sur les sept constructeurs du marché, trois n'ont pas renouvelé leurs chaines cinématiques et leurs cabines, ce qui leur laissera une marge de manœuvre plus importante côté tarifs. Ils vont pouvoir proposer aux acheteurs un prix de vente plus en adéquation avec l'état du marché. Jean BLANC Le Renault T a une lourde tâche : remplacer les Magnum et Premium. Avec ses nouvelles gammes et ses nouveaux moteurs, Mercedes reprend du poil de la bête. Source OVI Champion du grand-routier, Daf veut se renforcer dans le porteur pour augmenter sa part de marché. xx Le but principal de Scania est d'être rentable, pas de gonfler sa part de marché... Les chiffres 2013 On peut s'attendre à u ne contraction entre 5 et 9 % du marché 2014 par rapport à celui de 2013. Une bonne occasion de négocier les prix... Pour 2013, les prévisions des immatriculations de l'OVI s'établissaient pour les véhicules de plus de 5 t à 40 500 unités pour les tracteurs et porteurs (voir tableau). L'effet Euro 5 a provoqué une « survente » de 2 600 tracteurs au 31 décembre, qui a permis aux usines d'écouler 43 200 véhicules (porteurs et tracteurs) durant l'année 2013. Ces immatriculations correspondent à des renouvellements de flottes et bien sûr (et surtout) à des achats par anticipation (effet Euro 5). Il faut donc prévoir que les ventes de 2014 seront à la baisse. Voilà qui n'est pas réjouissant pour les usines et les concessionnaires, mais qui peut être une bonne occasion pour faire d'utiles et fructueuses négociations sur les prix, car il est prévu une contraction entre 5 et 9 % du marché 2014 par rapport à celui de 2013. A quand la vraie reprise ? On parle de 2015 pour une reprise des ventes. Mais ne serait-on pas rentré dans un mouvement irréversible de diminution du nombre de camions sur les routes, avec à la clé des ventes beaucoup moins boostées que par le passé ? Les spécialistes de l'OVI estiment qu'il se vendra 38 000 poids lourds en 2014, répartis en 21 500 tracteurs et 16 500 porteurs. Selon eux, cela ne se fera que si les grandes flottes renouvellent comme prévu leur parc. Pour les spécialistes de l'OVI, les 41 000 immatriculations seraient « un palliatif en attendant une reprise réelle en 2015 ». De leur côté, bon nombre d'intervenants de la profession estiment que l'OVI, étant une émanation d'une banque et d'un service de financement, ne peut être qu'optimiste. La théorie selon laquelle la société continuera de progresser semble de plus en plus fausse? Les arbres ne peuvent décidément pas monter jusqu'au ciel. Ces économistes qui contestent les conclusions de l'OVI expliquent : « On est entré dans un monde de récession et de changement de cap, vers une meilleure utilisation des moyens de transport ». Cette remise en cause leur permet de penser que le marché « normal » de la France se situerait plus près de 38 000 que de 41 000 unités. La nouvelle gamme de tracteurs et de porteurs Volvo devrait permettre au suédois de se rapprocher de Mercedes. Ce tableau montre que le groupe Daimler est de loin le plus grand constructeur mondial de camion. Une place qu'AB Volvo rêve de lui ravir. Sources Paccar Photos X D.R.