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Dossier formation Travailler dans le transport routier 36 37 N°919 - Mars 2014 N°919 - Mars 2014 Formé, embauché ! Le transport routier est l'une des branches professionnelles offrant le plus grand nombre de débouchés, avec un choix de plus de 100 métiers ! Précisions. Au 31 décembre 2012, l'Observatoire prospectif des métiers et des qualifications dans les transports et la logistique estimait à 646 384 le nombre de salariés dans le transport routier (toutes activités confondues : marchandises, voyageurs, déménagement, transport de fonds, ambulances?). Sur ce nombre, 436 350 font partie de la « famille conduite »? C'est dire le poids des conducteurs dans le transport routier ! A partir de la 3e, on peut suivre des formations en vue d'exercer un métier dans le transport routier via un CAP (Certificat d'aptitude professionnelle) en conduite, déménagement ou mécanique. Plusieurs voies s'offrent aux jeunes. La plus simple reste celle du lycée professionnel (200 établissements répartis sur toute la France), ou encore celle des CFA (Centre de formation des apprentis). Ces établissements proposent à la fois une formation professionnelle et un apprentissage rémunéré en entreprise. Après le niveau CAP et BEP, en plus du Bac Pro transport et logistique, un Bac spécifique baptisé Bac Pro conducteur routier est aujourd'hui une voie possible. Il s'adresse aux jeunes qui ont le niveau troisième. D'une durée de trois ans, les titulaires de ce diplôme peuvent ensuite exercer les emplois suivants : conducteur routier ou en messagerie, ou encore chauffeur-livreur. Les spécialités suivantes sont ouvertes : déménagement, frigo, citerne, transport exceptionnel? L'autre formation pour devenir conducteur est le fameux Titre pro. Pré-requis : être âgé de 18 ans, être apte au niveau de la visite médicale, savoir lire et écrire. Une formation d'une durée de trois mois (ou 385 heures) complète et sérieuse garantit l'obtention d'un poste, dit-on au sein des différents organismes de formation que nous avons sondés. A l'issue d'un Titre pro, on obtient la Fimo (formation initiale minimale obligatoire) et le permis C (32 t). C'est idéal pour commencer. Par la suite, il vous faudra passer le permis E (remorque de plus de 750 kg), ce qui demande trois semaines supplémentaire de formation. Vous pourrez ensuite conduire un semi-remorque ou un porteur-remorqueur. Pour compléter, pourquoi ne pas suivre une formation de grutier (trois jours + une journée d'examen) et l'ADR (un jour)? Comme on le voit, les formations menant à la conduite sont diverses et variées. Et il y a moult spécialisations ! L'activité porte-autos par exemple est très différente de celle du transport de carburant, cette dernière étant réglementée à cause des risques d'incendie et de déversements. Fimo et FCO obligatoires Pour exercer un métier de conduite, vous passez automatiquement par la case Fimo, puis tous les cinq ans par celle de la FCO (Formation continue obligatoire). Ceci est valable tout autant pour les filières courtes (permis+Fimo, soit deux mois en tout), que pour les longues : Bac Pro, CAP ou Titre Pro. Dans ces derniers cas, la Fimo est attribuée lors du passage du permis C... La Fimo, rappelons-le, est imposée à tout conducteur d'un véhicule de transport de marchandises dont le PTAC est supérieur à 3,5 t. Prérequis : être titulaire du permis de conduire des catégories C ou EC en cours de validité, ou encore d'un permis reconnu en équivalence (après obtention du CAP ou Bac Pro conduite routière à l'école, ce qui est la seule possibilité pour les personnes âgées de moins de 21 ans). Le programme de la Fimo, de 140 heures (ou 4 semaines), comprend le perfectionnement à la conduite rationnelle axée sur les règles de sécurité, l'application des réglementations, un chapitre sur la santé, la sécurité routière et la sécurité environnementale, le service et la logistique, sans oublier la conduite économique? Suivent une évaluation des acquis et une synthèse du stage. La FCO, formation continue obligatoire, dure désormais 35 heures (soit une semaine) au lieu de 24 auparavant. Cette « piqûre de rappel », obligatoire tous les cinq ans, offre au conducteur, à partir d'un bilan de ses connaissances et compétences, l'occasion de se perfectionner en conduite rationnelle axée sur les règles de sécurité, d'actualiser ses connaissances en matière de réglementation du transport ainsi que de santé, sécurité routière, sécurité environnementale, service et logistique. Les « passerelles » A noter que pour les conducteurs du transport routier désirant passer des voyageurs aux marchandises (et inversement), il existe une formation passerelle Fimo voyageurs/marchandises. L'objectif est de permettre au conducteur d'acquérir ou de compléter les connaissances et les compétences nécessaires et préalables à l'accès au secteur du transport de voyageurs. Cela passe par le perfectionnement à une conduite rationnelle axée sur les règles de sécurité, la connaissance, l'application et le respect des règlementations relatives à la santé, la sécurité routière, l'environnement économique, etc. La durée de cette formation est de 35 heures. Il est question de généraliser les formations passerelles afin que des conducteurs d'autres activités puissent profiter de ce dispositif (actuellement limité au transport marchandises et voyageurs). Cif (futur CPF) et Dif Pour suivre une formation en dehors de celle que vous exercez au quotidien, n'hésitez pas à vous servir des dispositifs comme le Cif (congé individuel de formation) et le Dif (Droit individuel à la formation), mais ils sont contraignants pour le salarié. Ce dernier devrait être remplacé sous peu par le CPF (Compte personnel de formation ? voir p. 45). Exemple d'obstacle possible à l'obtention d'une formation dans le cas du Cif : « Le bénéfice du congé est acquis, sauf si l'employeur estime, après avis du comité d'entreprise ou des délégués du personnel, que l'absence pourrait avoir des conséquences préjudiciables à la bonne marche de l'entreprise », peut-on lire dans les textes officiels. En attendant l'arrivée de nouvelles règles, ce sont les actuelles qui sont appliquées : une demande écrite doit être faite préalablement à votre employeur (attention : 60 jours à l'avance pour un stage de moins de six mois ou pour une formation à temps partiel, 120 jours à l'avance pour les formations continues de six mois ou plus !). Le financement est assuré par les Fongecif ou l'OPCA (qui collecte aussi la taxe d'apprentissage). François GILBERT Les formations transport passent inévitablement par une phase théorique... avec des exercices et un examen à la fin ! Photo Fréor Photos Gilbert