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Dossier formation Formations obligatoires 40 41 N°919 - Mars 2014 N°919 - Mars 2014 Une FCO sur le vif Photos Fréor On voulait se faire une idée in situ du sentiment des routiers à l'issue de leur FCO. Le centre AFT de Gennevilliers nous a ouvert ses portes? Au 4e jour de FCO, l'assemblée de conducteurs est plus concentrée que jamais : la projection d'un film sur la catastrophe du Mont-Blanc décortique les causes potentielles de cet événement qui, en 1999, a causé la mort de 39 personnes et notamment provoqué la destruction de 24 poids lourds. Une belle occasion d'aborder les nouvelles signalisations (les panneaux sont désormais européens), la procédure à suivre ou la notion d'interdistance (en général 150 m minimum), et surtout d'expliquer pourquoi, aujourd'hui encore, tant de tunnels sont en travaux et interdits aux camions. « Que vérifie-t-on avant d'entrer dans un tunnel ? », interroge Eric Lecozler, formateur depuis peu après une carrière de prof de mécanique, puis de routier en régional. Pas de réponse claire. « La conformité des marchandises à la réglementation en vigueur, le niveau de carburant du véhicule, la température du moteur, ses freins et ses éclairages? », énumère Eric. Une petite info qui touche au porte-monnaie : le non-respect des distances de sécurité peut coûter 135 € et trois points, voire 3 750 € et six points en cas de récidive. Et un conseil qui peut sauver beaucoup de vies : « Si un feu se déclare sur votre véhicule, conduisez si possible hors du tunnel, ne vous arrêtez pas, sauf en cas d'indication contraire ». Sliman, l'un des stagiaires, lance : « Moi, je m'arrête ! ». « Ce n'est pas la bonne réaction, rétorque Eric. Si dans le tunnel du Mont-Blanc Gilbert Grave ne s'était pas arrêté, peut-être l'embrasement n'aurait-il pas eu lieu. C'est à ça que sert la FCO : elle corrige des idées toutes faites ». Le lendemain (dernier jour), Eric débriefera sur la journée d'écoconduite, avec des résultats concrets à la clé. C'est la partie de la FCO qui remporte tous les suffrages des stagiaires. « L'écoconduite, c'était le top, s'exclame Toufik, qui livre des matériaux la nuit sur des chantiers de construction. C'est incroyable de voir que pour le même temps de conduite, on consomme moins et surtout on arrive moins stressé, rien que parce qu'on pense à se servir du ralentisseur et de l'énergie cinétique? ». Au programme également, un topo sur la norme Euro 6. « Tous ne connaissent pas le principe de l'AdBlue », souligne Eric. Il sera aussi question de la réglementation 44 t et de l'écotaxe, même si elle est pour l'instant suspendue. Enfin, un QCM permettra de vérifier que toutes les connaissances revisitées sont bien intégrées dans l'esprit des routiers. A la clé du stage, l'indispensable carte FCO, baptisée « Carte de qualification de conducteur », que les stagiaires recevront environ trois semaines plus tard. Comme les nouveaux permis, elle est éditée par Chronoservices, qui a beaucoup de mal à suivre le rythme et accumule les retards. D'où l'importance de s'y prendre en avance, comme pour le permis ! Il y a des cas à part : Jean-Marc, conducteur d'engins en betteraves ou en chantiers, aurait dû renouveler sa carte FCO depuis plus d'un mois, mais la saison battait son plein, et son patron a préféré le mettre en congés le temps qu'il l'obtienne? Marie FRÉOR De prof de méca à routier puis formateur Eric Lecozler est devenu formateur à l'AFT il y a un an et demi. Il a d'abord été prof de mécanique pendant onze ans, puis responsable d'équipe pendant onze ans. « Je me suis retrouvé en équipe de nuit. Pas top quand on vient d'avoir un enfant? ». Il passe alors un titre professionnel en C, puis en EC à l'AFT. Sept ans de route plus tard (en régional, car il donne priorité à sa famille), il revient à la formation. « J'ai toujours aimé enseigner. Le virus m'a repris au moment où je trouvais qu'il y avait de moins en moins de dialogue sur la route. Je conduisais un camion comme j'aurais fait autre chose, sans passion excessive ». FCO : Un contenu « mis à jour » Loin est l'époque où les chauffeurs répétaient en cœur : « On n'apprend rien à la formation continue obligatoire ». Rencontre avec un formateur sur cette question. Jean-Pierre Courty, aujourd'hui formateur externe pour Promotrans (ci-dessous face aux stagiaires), adore ce qu'il fait. Parler de la sécurité aux chauffeurs routiers « même s'ils ont déjà trente ans d'expérience », c'est son défi quotidien. Les candidats qui suivent sa FCO ont devant eux un expert en la matière : « Je suis un ancien conducteur, j'ai été moniteur auto-école et en plus, ce qui est rarissime, inspecteur de conduite ! ». L'homme sait aussi relâcher la pression : lorsqu'il voit que les candidats à la FCO se déconcentrent, il les fait parler, raconter leur vie? « C'est bien, ça permet aux uns et aux autres de partager leurs expériences. Et dieu sait qu'on entend des choses incroyables ! ». Il sait alterner théorie et anecdotes, racontant par exemple aux stagiaires l'histoire de ce chauffeur qui conduisait avec son ordinateur sur la planche de bord, sans se soucier de la route. Ce fait divers réveille en général les consciences... Pour compléter le stage de FCO, qui se termine par un examen de type QCM (questions à choix multiples) avec 40 questions, chaque stagiaire dispose d'un petit bouquin très complet qu'il ramène avec lui : le Mémento du routier. C'est à la fois un condensé du code la route, avec un rappel de la réglementation sur les temps de conduite et de repos. ? FG Photo Gilbert